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100e Open de France (ET) : Jaidee superstar, Quesne et Decottignies-Lafon meilleurs Bleus

Le Thaïlandais Thongchaï Jaidee, -11, s’impose devant l’Italien Francesco Molinari, -7, et Rory McIlroy, -6. Julien Quesne et Mathieu Decottignies-Lafon sont 16e ex aequo, Grégory Bourdy 25e.

100e Open de France victoire du Thaïlandais Thongchaï Jaidee

Pour Bourdy, une carte de 68 avec un putt de 20 mètres pour birdie au 18
Il n’aura pas accroché l’Open de France à son tableau de chasse cette année mais Grégory Bourdy asseoit tournoi après tournoi sa légitimité de golfeur français le plus consistant de la saison 2016. Le boss, désormais, c’est lui : Grégory. Il fallait la signer, cette carte de 68 finale ! Enrayer le dérapage de ses drives erratiques des deuxième (74) et troisième (75) tours. Ne pas paniquer. Ne pas se reprocher de ne pas honorer assez cette 100e édition de l’Open de France alors qu’on est le Français le mieux placé à la Race to Dubaï (23e), qu’on a tapé un paquet de bons résultats ces derniers mois sur le Tour européen (2e, 4e, 6e, 10, 13e, 15e…) et qu’on a été un temps leader de l’US Open avant d’y accrocher un super top 20 (18e). Greg Bourdy n’a pas eu le moindre mouvement d’humeur quand l’Open s’est mis, temporairement, à lui faire la grimace. «C’est vrai que d’habitude, quand ça ne marche pas, je vous mets des coups de boule à tous !», rigole le Bordelais à l’adresse des journalistes, venus l’accueillir à la sortie de son quatrième tour. Toujours pour une analyse sans le moindre oeil au beurre noir et même, en l’occurence, une conversation 100% souriante : «Sympa de mettre un putt de vingt mètres pour birdie au 18 et d’avoir cette belle carte finale de - 3 !»

Toujours séduit par l’Albatros et le public « génial », il reviendra pour la gagne
Ce 68 du dimanche, qui répond au 69 du premier tour et place Bourdy 25e du tournoi, n’effacera pas les stigmates laissés par son vendredi et son samedi moyens. Mais le chiffre a définitivement de l’allure. « Et encore, ajoute Grégory, j’en avais sous le pied. Il y avait matière à scorer plus bas aujourd’hui. Je tablais même sur un -5. Pour tenter de rentrer dans le top 12 de cet open de France et obtenir ainsi ma qualif’ pour le British Open (les quatre meilleurs dans le top 12 non exemptés par ailleurs, ndlr). Là, je vais sans doute la rater de deux ou trois points, la faute à un putter qui, mis à part au 18, m’a fait faux bond dans ce dernier tour. Mais pour le British, il y a encore une chance à l’open d’Ecosse la semaine prochaine…» D’autant que le driving, son « gros point fort » en temps normal est revenu dans la nuit de samedi à dimanche : « Il y avait un problème et j’avais perdu mes mises en jeu. Mais je n’ai pas paniqué, non. On a juste réglé cela au practice avec mon coach, Olivier (Léglise, entraîneur fédéral). Ce que je retiens, c’est que j’ai bien démarré le tournoi et que je l’ai bien terminé. J’aime vraiment ce parcours de l’Albatros. Et l’engouement du public français ! Génial ! Donc, je n’ai pas gagné. Mais je reviendrai ! »

Dubuisson, Levy et Havret auront d’autres occasions au National
Grégory Bourdy, 34 ans, ne sera pas le seul à revenir tenter sa chance ces prochaines années au Golf National. Victor Dubuisson, au terme d’une semaine un peu cauchemar, finit 66e et dernier à +17. Sa carte de 82 (+11) du samedi, après le cafouillage de la balle perdue puis retrouvée au 15 (trois coups de pénalité), s’est prolongée par un 75 ce dimanche. Le numéro 1 français a pourtant tenté le tout pour le tout avec sept birdies… mais six bogeys et deux doubles. Un peu le reflet de son talent naturel, mais un talent aplati par une période où les choses ne paraissent pas empilées correctement. Pour Alexander Levy (+ 9, 56e) l’Open de France s’est fini assez difficilement. Voire violemment avec ce quadruple bogey concédé au 18. Normal sur un parcours pareil et après ces six semaines où, blessé, il avait été privé de tournois. Le Varois a d’ailleurs annoncé qu’il allait couper à nouveau avec le golf pour soigner sa fracture de fatigue au poignet droit. Retour prévu lors des échéances du mois d’août. Quant à Grégory Havret (+ 5 au final, 38e), il possède, à 39 ans, un profil à la Thomas Levet (vainqueur de l’Open de France en 2011 à près de 43 ans) ou à la Jean-François Remésy, double vainqueur de la maturité en 2004 et 2005. 

Langasque, Saddier et Sordet, les Mousquetaires vous saluent
La jeune garde tricolore, composée par Romain Langasque (71 ce dimanche, +4 final, 33e), Adrien Saddier (73, + 6, 45e) et Clément Sordet (74, + 6, 45e), a pour sa part fait le job. Et séduit par son attitude à la fois rigoureuse et joyeuse. « Eh, Grégory, mais pardon pour ton putt au 18 ! » chambrait Adrien Saddier quand il put féliciter Grégory Bourdy en le croisant au recording. Une sorte de respect comique et affecteux de la part du Haut-Savoyard à l’égard du « patron » que son ami Langasque et lui, juste derrière sur le fairway du 18, avaient pu voir signer le fameux birdie sur le green final de l’Albatros. Les trois garçons assisteraient aussi, plus tard dans le dimanche, à la belle « perf » signée par l’un de leurs contemporains. Et aussi compatriote ! Mathieu Decottignies-Lafon, la surprise sortie des qualifications du 20 juin à Courson, n’a en effet pas craqué dans le dernier tour. Le quatrième jeune mousquetaire à avoir passé le cut a délivré une carte de 71, c’est à dire le par. Il fallait la signer aussi, celle-là, pour arracher la 16e place finale alors qu’on se trouve pour la première fois dans cette situation de fight avec les cadors de la première div’ européenne.

Decottignies-Lafon rivalise avec Quesne devant Bourdy et Wattel 
Decottignies-Lafon de Bondues finit donc meilleur Français de cette 100e de l’Open de France… ex aequo avec Julien Quesne, son aîné de treize ans et qui, à 36 ans, compte deux victoires sur le Tour Européen tout en émargeant au 135e rang mondial ! Brillant. Et ô combien significatif pour Mathieu. Cela dit, tout au long de la semaine, exactement comme Sordet, Saddier et Langasque, le jeune Nordiste a répété qu’il était là pour apprendre, que cet Open devait rester du « bonus ». On l’imagine donc mal, sur la base de son bel éclat de 2016 au Golf National, se penser arrivé à la hauteur d’un Julien Quesne, avec qui il a donc rivalisé cette semaine. Ou d’un Greg Bourdy, qu’il a distancé de deux coups pour cette fois. Ou encore d’un Romain Wattel, qu’il dépose de trois longueurs. On oublie d’ailleurs surtout pas ce dernier. Le joueur de Bussy termine bon 30e à +3 à l’issue d’un dimanche bouclé à 73 mais Romain est resté pénalisé par son dur 76 du deuxième tour. Wattel confirme toutefois sa permanence au plus haut-niveau continental avant l’open d’Ecosse, la semaine prochaine à Inversness, où les meilleurs Européens non encore qualifiés pour l’Open britannique peuvent encore décrocher un billet de dernière minute.

Jaidee, premier Thaïlandais et vainqueur le plus âgé de l’Open de France
Un qui a son billet depuis longtemps dans la poche pour The Open (14-17 juillet au Royal Troon), c’est bien  Monsieur Thongchaï Jaidee. Il n’avait donc pas besoin de cette huitième victoire pour ce qui était son 329e tournoi disputé sur le Tour européen. Au-delà de la prime excellente de 583 330 euros, qui va l’amener à frôler le million de points (comprendre : d’euros !) à la Race To Dubaï 2016, le Thaïlandais s’offre une victoire de prestige. L’Open de France, né en 1906, est en effet le plus vieil open national en Europe Continentale, l’un des plus respectés. Avec son polo rose en total contaste avec le ciel « gris pluie » de cette semaine dans les Yvelines, Jaidee n’a pas fait de détail : grâce à quatre cartes magnifiques  (67, 70, 68, 68) sur un Albatros déjà en configuration Ryder Cup 2018, il finit à -11. Une énorme marge de quatre coups sur l’Italien Francesco Molinari (-7) et de cinq coups sur Rory McIlroy (-6), star du tournoi et qui a très bien assumé son statut. A 46 ans et 238 jours, premier vainqueur thaïlandais du tournoi, Jaidee détrône aussi Miguel Angel Jiménez, 46 ans et 180 jours lors de sa victoire de 2010 et jusque là le vainqueur le plus âgé depuis 1972 et l’entrée du tournoi dans le circuit européen. Ah oui : Thongchaï en était à sa onzième participation à l’Open de France ! Decottignies, Langasque, Saddier, Sordet, Havret, Levy, Wattel, Quesne, Bourdy, Dubuisson et les seize autres Français qui n’ont pas passé le cut ont de l’avenir au Golf National...


Par Nathalie Vion
3 juillet 2016