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Les jardiniers du National, vainqueurs de l’Open de France

Cette année plus encore que les précédentes, les jardiniers du Golf National ont amplement mérité les félicitations que Jean-Lou Charon, président de la Fédération française de golf, leur a adressé au cours d’une petite cérémonie organisée sous la tente fédérale.

Les joueurs amateurs qui ont eu la chance, ou la malchance, de voir le parcours de l’Albatros début juin, après les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région parisienne, ont une idée assez précise du travail de titans et en même temps d’orfèvres effectué par les jardiniers du Golf National. Après les mois de travaux nécessaires à la réfection de l’arrosage et du drainage, après les trombes d’eau de ces dernières semaines, l’Albatros revient de loin. De très loin.

« Vous avez su faire face aux difficultés, tout au long de l’année, pour livrer un parcours de toute beauté, a déclaré Jean-Lou Charon en s’adressant aux jardiniers. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les joueurs. Cette année a été la vôtre, je vous dis bravo au nom de la Fédération. Nous sommes très fiers de vous. »

Superintendant du parcours depuis maintenant quatre ans, Alejandro Reyes a lui aussi tenu à féliciter ses hommes : « Je vous remercie pour tout votre travail. Cet Open a été le plus compliqué à gérer depuis que je suis arrivé au Golf National mais c’est grâce à votre travail, votre expérience et votre engagement que nous avons réussi à mener à bien notre tâche. »

Les « hommes de l’ombre », selon l’expression de Vincent, l’un des artisans de la réussite de cette 100e édition, ont accueilli ces félicitations avec modestie. « Ça fait plaisir, admet sobrement Geoffrey. Thongchai Jaidee, le vainqueur, nous a lui aussi félicité. Ça fait du bien quand des joueurs de cette qualité apprécient notre travail, ça motive pour aller plus loin. » « La plupart des gens ont vu le parcours uniquement cette semaine, mais ça fait cinq ou six mois qu’on travaille beaucoup », précise Yoann.

Demain lundi, ils seront tous en congé, à l’exception de deux d’entre eux qui seront de permanence. Un repos amplement mérité mais le travail reprendra pour tous dès mardi. « On va poursuivre le travail mais on va se retrouver un peu seuls après le départ des volontaires qui sont venus nous donner un grand coup de main pour l’Open, explique Vincent. Pour avoir toute l’année un parcours à ce même niveau d’excellence, il faudrait que nous soyons plus nombreux. »

Perfectionnistes en diable, nos jardiniers aimeraient évidemment bénéficier des mêmes moyens à longueur d’année. A l’équipe de la vingtaine de jardiniers qui travaillent sur le Golf National en permanence, une quarantaine de volontaires de plusieurs pays sont venus prêter main forte. « Tondre tout le parcours, ça occupe tout le temps des vingt salariés que nous sommes, explique Lucas Pierré. Les semaines les plus dures ont été celles qui ont précédé le tournoi. Nous avons été obligés de faire beaucoup d’heures supplémentaires, ce qui a été possible grâce à une dérogation spéciale. »

Engagé il y a à peine un mois au poste d’adjoint de Alejandro Reyes, ce greenkeeper de 29 ans semble avoir déjà passé plusieurs années sur le golf tant il déborde d’enthousiasme. « Heureusement, nous avons aussi eu l’aide d’une vingtaine d’étudiants de l’école de greenkeepers de Dunkerque. C’est que, lorsqu’un parcours est télévisé, il faut avoir l’œil partout. C’est relativement facile de faire de bons greens et de bons fairways, mais beaucoup plus compliqué de soigner toutes les autres zones. »

Une chose est sûre, avec de telles équipes de jardiniers, le Golf National peut assurer la tenue de toutes les Ryder Cup à venir !


Par Jean-Louis Aragon
4 juillet 2016